Nous, rayonnons parmis ces ténèbres
Comment exprimer ce vide qui est en moi. Il s'est emparé de mon être en se sacrifiant sur l'autel de la vie. Il n'y a plus d'espoir dans celle-ci, tout comme il n'y a rien pour moi ici bas. Je suis ensevelie par les larmes de mon corps, pour une vie qui m'apparaitra éternellement longue.
Alors que je ne voulait pas d'elle, me voici prisonnière d'un monde que je n'aie pas voulu. Contrainte de survivre dans mes lamentations et mes larmes, ne pouvant faire autrement sans me condamner davantage a une éternité de regrets et de douleurs. J'aimerai croire a cet hypothétique néant qui libérerait ma conscience, mais serait-ce encore pour me blottir dans la facilité d'un néant plus apaisant sans me soucier des autres et des conséquences de mes actes. La croyance en la survie de mon âme me sauve certainement, mais c'est également ce qui me condamne à une errance en ce monde.
Triste constat d'en arriver là, mais après tout j'en suis la seule fautive. Je n'aime pas ce qu'on appelle la vie. Je suis faite ainsi…
Et ce n'est pas mes expériences de la vie qui vont me faire changer de nature ou d'avis. C'est un fait, je suis une morte dans mon esprit, dans cette vie qui ma tuée. Ou bien peut être l'étais-je déjà en naissant avec l'âme orientée vers le refus de vivre. Une abnégation de soi...
Ce qui est difficilement compréhensible, hérésie de refuser la vie ?… Elle qui passe pour être un cadeau. Je comprends que cela puisse agacer, voir exaspérer. Dans ce cas, oui , je me sens différente et même a l'opposée de la plupart des gens. Comment pourrait-il en être autrement. Heureusement que tout a une fin.
Pauvre moi, pauvre monde…
Entre rêve et réalité.
Eteinte et endormie je repose sur l'autel de mon tombeau, seule au milieu d'une crypte oubliée au sein de laquelle résonne des lamentations et des pleures.
Couvrant la pénombre, d'un linceul noir transparent elle est un voile flottant sur le corps blessé, laissant transparaître la blancheur de ma peau d'une douce froideur satinée, est arrivé par un souffle puissant s'engouffrant dans la crypte…
L'être dévoilé, mon corps porté au dehors afin de le déposer sur un lit de feuilles mortes.
Prés de moi il s'est allongé, il a prit ma main fragile et froide dans le creux de sa paume. Puis il a survolé mes formes en passant sa main au dessus de cette ombre, ce voile noir, suggérant les contours de mon corps sans vie.
Durant tout ce temps maudit, il a été présent en veillant simplement par son regard sur mon être abandonné. Et je suis restée aveugle a sa présence dans le silence de la nuit, le sinistre silence et lugubre auxquels je pensais n'être rien. Inexistante et désuète, a ses yeux dans sa vie et dans son coeur. Mais il a su murmurer les mots dont j'avais besoin,
il a su regarder dans mes yeux et entrevoir mon âme enchaînée à ce pilier des tortures qui est en moi. C'est enfin dans un sursaut que je me suis éveillée en écoutant la magie de ses paroles, c'est en voyant ses yeux dans les miens que lentement mon coeur c'est remis à palpiter puis à battre à nouveau. Lorsqu'il ma appris qu'il m'aimait depuis toujours, je n'aie pas résistée et je me suis alors effondrée dans ses bras en fondant en larmes. Il n'y avait plus de mot pour décrire l'intensité de cet instant.
Ainsi, je viens écrire ces quelques mots. Déposer dans mon tombeau les maux de mes tourments qui sont enfermés dans mon esprit. Sans évasion possible, je n'aie pas d'issue. Quelque fois j'ai peur de l'avenir, alors que je m'éfforce de vivre au jour le jour durant mes nuits qui sont mes jours, et mes jours qui sont ma nuit. Des ténèbres auxquels je ne voudrais plus appartenir, m'échapper pour toujours.
sans espoir…
C'est mon héritage, c'est l'image de ma mort qui se reflète en moi malgré un sursit qui demeure persistant. Le goût de toutes choses a disparu, dans l'absence de but, aucune passion réelle. Le sentiment d'un immense vide, et surtout celui d'être déjà mort dans ma tête et dans mon coeur. Alors bien sur, je peux avoir un semblant de vie, mais ce n'est qu'une façade et cela depuis ma naissance, ce jour damné. Dans mon être profond, demeurant une énigme pour mes proches et ceux qui me connaissent. A des années lumière de ce que je peux ressentir, en donnant l'impression que je ne fais rien pour m'en sortir. Ce qui est vrai !. D'ailleur comment le pourrais-je… Puisqu'il est déjà trop tard. Tristesse de fatalité, Moi je sais, que je ne voulais pas “vivre”. Je ne suis pas de ce monde, car je ne suis qu'un fantôme. Aussi loin que je m'en souvienne, je n'aie jamais eue le goût de ce que l'on nomme “la vie”. Mon reflet à moi, c'est la mort.
Sous une nuit sublimée à la lueur des bougies pâles éclairées, Mon sang coule sur le ruisseau de nos larmes. Aux bords étangs de supplices
ordonne à mon âme le sang de son corps. Haut lieu au milieu de ses nuits parcourues,
apparaisse sur le chemin jalonné de calvaires en pleure. Les Succombés délaissés à ces tortures, sous l'astreinte d'une nuit sublimée au clair obscur, s'endort la vie ennuyeuse et s'en va les mains en croix,
la mort joyeuse latent.
Ma vie est la nuit, mon coeur est la lumière.
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